Hors série n°10

Bastien

 

-Comment tu t’appelles ? »

-Bastien. » Je réponds.

Elle se tourne vers ma sœur et lui demande : « Et toi ? »

Je sais qu’elle ne répondra pas, alors je réponds pour elle.

-Cat »

 

J’ai tout de suite aimé sa façon de me parler. On dirait qu’elle veut donner un ordre et en même temps, ce n’est pas méchant. Ça me rappelle quand maman me donnait des ordres aussi ; « Cache-toi. », « Ne fais pas de bruit. », « Surtout ne pleure pas. ».

 

Je me souviens de mes parents. On marchait souvent pendant de longues heures. On visitait plein d’endroits. Parfois j’avais faim et eux aussi je crois mais ils ne le montraient pas alors je ne disais rien non plus. Les grandes personnes ne montrent pas quand elles ont faim.

Je ne me rappelle plus très bien leurs visages. Ils avaient toujours quelque chose pour le cacher la journée, mais la nuit, quand nous étions tous les trois parfois, ils l’enlevaient et je crois qu’ils avaient comme une grande cicatrice tous les deux. Moi je ne l’ai pas, je ne sais pas pourquoi.

Je sais juste que maman était très belle même avec ça.

 

Partout ou on allait, il y avait toujours plein d’objets blancs sur le sol. Long ou court, parfois avec des formes compliquées. Une fois j’ai demandé à papa ce que c’était. Il m’a expliqué que c’était des gens comme nous sauf qu’ils étaient morts depuis longtemps. Et puis il a rajouté :

-Ils ont eu de la chance, ces enfoirés. »

Maman lui a tapé le bras pour le gronder et m’a dit qu’il ne fallait pas dire enfoiré. C’est un gros mot. Je n’ai pas bien compris ce qu’il a voulu dire ce jour-là mais j’évite de dire ce mot, même si je l’entends souvent finalement.

Papa et maman parlaient aussi de choses terrifiantes qu’ils appelaient des éveillés. Papa disait aussi que c’était des connards ou des enfoirés ou encore d’autres gros mots que moi je n’ai pas le droit de dire. Et maman le tapait parfois sur le bras pour qu’il se taise. Mais pas toujours. Je crois qu’elle n’avait pas le droit non plus de dire des gros mots sinon, elle aurait sûrement dit pareil que lui.

Je me suis toujours dit que ça devait être des sortes de monstres énormes capable de faire des choses que personnes d’autres ne peut faire. Papa et maman disaient que certains pouvaient faire bouger les objets sans les toucher ou faire du feu sans allumettes. Mais ceux qui me faisaient le plus peur c’était ceux qui pouvaient aller d’un endroit à un autre comme ça, d’un coup. Ils disparaissaient et réapparaissaient là où ils voulaient.

J’avais très peur d’en rencontrer.

Une fois, alors que je dormais avec maman dans une vieille maison, papa est venu nous réveiller. Il parlait tout bas et il nous a dit que nous devions partir tout de suite. Des éveillés venaient vers nous et il ne fallait pas faire de bruit.

Maman m’a pris par la main et nous sommes sortis mais elle s’est arrêtée lorsqu’elle a vu que papa ne nous suivait pas.

-Qu’est ce que tu fais ? » Elle lui a demandé.

Je voyais bien qu’elle avait peur mais elle m’avait dit de ne pas pleurer alors je me suis retenu.

-Je vais les ralentir. » Il lui a répondu. Et il a pris Bertrand dans ses mains. Bertrand c’est une espèce de gros canon, une arme, il m’a expliqué. Il l’a appelé comme ça parce que c’était le nom de son meilleur ami qui a eu de la chance lui, contrairement à nous, puisqu’il est mort.

Il serrait aussi autre chose dans son autre main mais je n’ai pas vu ce que c’était.

Maman n’a pas voulu partir tout de suite. Elle ne pouvait pas faire de bruit mais je crois que si elle avait pu lui hurler dessus, elle l’aurait fait.

Et puis on les a entendus.

-Hé, tu sens ça ? » a dit une voix.

-Ouaip ! Ça sent l’humain terrifié. Avec un peu de chances ils auront plus de vivres que les derniers qu’on a croisés. »

Les yeux de maman sont devenus tout ronds et cette fois quand papa lui a dit de partir, elle a serré fort ma main et a obéi.

On s’est dépêché de quitter la maison et on s’est sauvé le plus vite possible. J’avais du mal à suivre maman et ses grandes jambes. Elle s’est arrêtée lorsqu’on a entendu des cris et des coups de feu et elle a sorti elle aussi un canon beaucoup plus petit que celui de papa. Et puis il y a eu une grosse explosion.

Je ne sais pas pourquoi mais j’ai compris que je ne reverrais pas papa. J’ai voulu rejoindre la maison pour essayer de le chercher mais maman m’a retenu. Elle pleurait et en même temps elle me disait qu’il fallait qu’on y aille, qu’on n’avait pas le choix, que papa avait été très courageux et qu’il fallait que je sois comme lui.

Je ne sais pas ce que c’est que d’être courageux mais j’ai fini par obéir à maman.

 

Quand papa est parti, tout a été plus dur. Maman n’arrivait plus à me raconter des histoires pour m’aider à m’endormir. Elle avait peur, tout le temps. Et moi aussi.

Un jour, elle m’a dit que nous allions essayer de rejoindre un groupe de gens comme nous.

-On n’a pas le choix. » Elle m’a dit. « Mais s’ils sont méchants, il faudra partir très vite. »

J’ai hoché la tête sans rien dire. J’ai toujours eu du mal à parler depuis que papa est parti.

On est allé voir des gens dans une petite ville, et au début j’ai cru que j’allais devoir partir vite avec maman et puis, ils ont dit qu’il voulait bien s’occuper de moi mais qu’elle, elle devait s’en aller.

Elle a accepté mais moi je ne voulais pas alors je me suis mis à pleurer et à crier pour qu’elle ne parte pas. Et l’un des hommes a dit.

-C’est bon Ivan, tu sais très bien comment ça se passe. Il a suffi qu’elle ait fait quelque chose qui n’ait pas plu au chef de son clan… Allez, on peut très bien la mettre à l’essai. Qu’est-ce qu’on risque ? »

Alors Ivan, un grand homme aux cheveux bouclés a dit que finalement elle pouvait rester mais qu’elle n’avait pas « le droit à l’erreur. »

Maman a dit qu’elle l’avait bien compris.

Pendant un temps, on est resté là-bas et c’était plus facile. Je ne voyais pas beaucoup maman la journée parce qu’elle avait « beaucoup de travail. », Mais le soir, elle avait recommencé à me raconter des histoires et même parfois, elle parlait de papa.

Il n’y avait pas beaucoup d’enfants comme moi et c’était moi le plus grand. J’aimais bien m’occuper des plus petits. Faire ce que maman et papa faisaient avec moi et je crois que ça faisait plaisir aux autres adultes parce qu’ils me disaient souvent :

-C’est bien Bastien. Tu es un bon garçon. »

C’était très différent de ce que j’avais vécu avant mais, même si papa me manquait toujours, j’aimais bien notre nouvelle vie. On avait moins faim et maman était plus heureuse. Et moi aussi j’étais heureux.

Un homme un peu plus vieux que les autres a commencé à m’apprendre à lire et à écrire. Ça me prenait du temps mais j’aimais bien aussi. Il était gentil avec moi et je crois qu’il aimait bien m’apprendre des choses parce que j’y arrivais.

Et puis un jour d’autres hommes sont venus. Ils ont discuté avec Ivan le chef qui avait autorisé maman à rester. Il y a eu un coup de feu venu de nulle part et la tête d’Ivan a fait quelque chose de bizarre. On aurait dit qu’il en avait perdu un morceau et c’était rouge et gluant dedans.

Et là tout le monde a sorti des canons.

J’ai couru chercher maman. C’est elle qui m’a retrouvé finalement, elle m’a pris par le bras et on est allé se cacher dans une des maisons.

On a attendu pendant longtemps, je lui ai demandé pourquoi on n’est pas parti comme quand papa nous l’avait demandé mais elle m’a dit que tout le camp était encerclé. Après elle m’a dit de ne pas faire de bruit et de surtout ne pas pleurer.

Quand on n’a plus rien entendu, elle a voulu sortir et aller voir. Je l’ai retenue par le bras, je ne voulais pas qu’elle y aille.

Elle m’a laissé seul en me disant d’être sage, de ne pas bouger et de ne pas faire de bruit. C’était un ordre alors j’ai obéi.

Elle est partie durant quelques minutes. Et puis j’ai entendu des cris et des gens courir. Ils sont entrés avec maman. Je ne les voyais pas mais j’entendais. Maman a beaucoup crié puis elle a pleuré, les autres, ils riaient. Je me suis mis à pleurer aussi mais il y avait tellement de bruit qu’ils ne m’ont pas entendu tout de suite. J’ai entendu un coup de feu et maman a arrêté de pleurer.

Elle a eu de la chance. Comme papa. Comme tous les autres qui sont morts avant nous. Je ne sais pas pourquoi, moi, je n’en ai pas. J’aurais bien aimé en avoir, comme ça, elle m’aurait pris avec elle.

L’un d’entre eux a fini par m’entendre. Ils sont tous venus voir, ils avaient l’air curieux. Moi je ne voulais pas qu’ils m’approchent, qu’ils me touchent. J’ai essayé de partir mais ils m’ont retenu et m’ont emmené auprès de celui qui avait discuté avec Ivan.

-Hey Thomas ! » Lui a dit l’homme qui me tenait. « Regarde ce qu’on a trouvé. Celui-là est plus âgé, on pourrait peut-être le garder ? »

Thomas m’a regardé un instant. Il m’a pris le menton pour me forcer à relever la tête.

-Quel âge il a ? Sept ans ? » Il a réfléchi, puis il a dit : « Mets-le avec les autres, on verra bien ce qu’on en fera. »

On m’a tiré vers un groupe de personnes, des gens d’ici, des hommes, des femmes, deux enfants plus jeunes que moi. J’ai cru que j’allais y retrouver maman et je l’ai appelé. Mais elle n’a pas répondu.

 

On a marché toute la nuit. Les deux enfants étaient très fatigués, ils ne voulaient plus avancer alors des personnes les ont pris sur leurs dos. On a fini par atteindre là où vivaient ceux qui nous ont attaqués. On m’a mis un collier en métal comme à tous les autres qui étaient avec moi et on nous a accrochés ensemble avec de longues cordes en métal.

On n’est pas resté longtemps là-bas. Les deux enfants non plus ne sont pas restés longtemps. Ils pleuraient souvent, ça a fini par énerver certains hommes aux canons. Ils les ont sortis du groupe et je ne les ai plus revus après.

J’ai compris que nous n’étions pas les seuls à nous être fait attaquer par eux. On a rejoint d’autres personnes qui avaient des colliers eux aussi. Il y avait beaucoup de mouvement. On nous faisait souvent changer d’endroits, des espèces de grands bâtiments avec beaucoup de chambres et pleins de lits sur lesquels on n’avait jamais le droit de se coucher, d’autres endroits avec de grands couloirs peints tout en blanc et plein de ces objets blancs qui appartenaient aux morts d’avants.

Les gens avec qui j’étais ont finis par partir eux aussi. Je les ai vus rejoindre d’autres personnes avec des canons.

J’ai fini par me retrouver seul avec des grands que je ne connaissais pas. Et ceux-là ne m’aimaient pas beaucoup, je ne sais pas pourquoi. Une dame en particulier. Elle semblait être devenue la chef du groupe et elle me frappait souvent parce que je passais devant elle, ou juste parce que je ne bougeais pas. Elle me disait tout le temps la même chose.

-On dit pardon quand on est poli, petit bon à rien. »

C’est ce que j’ai fait. Je ne disais plus que ça. Peut-être qu’elle finirait par me pardonner de ne pas avoir de chance comme elle ?

Un jour, ils ont ramené de nouvelles personnes et parmi elles il y avait Cat.

Elle avait l’air tellement petite, tellement fragile. Je me suis juré de ne pas la laisser partir comme les autres enfants. J’allais bien m’occuper d’elle et peut-être que les grands recommenceraient à m’aimer, comme avant, à me dire que je suis un bon garçon.

Je lui donnais à manger autant que je pouvais. J’essayais de cacher ce que les hommes aux canons me donnaient pour que la méchante femme ne le voie pas, sinon, elle nous le prenait.

Cat ne m’a jamais dit comment elle s’appelait, c’est moi qui l’ai appelé comme ça parce que mon papa appelait ma maman Catherine mais je trouve ça trop long comme nom. Et puis Cat ça lui va bien. On s’est très vite entendu tous les deux et on n’avait pas besoin de se parler pour se comprendre.

 

Il y avait un homme parmi ceux aux canons qui en avait après Cat. Souvent, il la prenait avec lui et je ne la voyais pas pendant un moment. Quand il la ramenait, elle avait l’air plus triste encore qu’avant et j’avais du mal à la faire sourire. Elle n’avait pas faim non plus, elle avait l’air d’avoir mal, et parfois elle saignait en bas.

J’ai tout de suite détesté cet homme. Je cachais Cat autant que je le pouvais lorsque je le voyais mais il finissait toujours par la trouver à un moment ou à un autre.

Je les haïssais tous, toutes ces grandes personnes, ceux avec les colliers ou ceux avec les canons. Ils étaient tous pareils. Il y a une dame qui a tenté de nous défendre à un moment. La méchante l’a frappée, pleins de fois, et les autres l’ont regardé sans rien faire.

Le seul que j’aimais un peu plus c’était un petit homme qui avait l’air vieux par rapport aux autres. Il me faisait penser à celui qui m’apprenait à lire avant. Lui, il lui arrivait de nous donner un peu de sa nourriture en cachette. Et il essayait de protéger Cat comme moi.

À un moment, des hommes aux canons sont venus le chercher. Ils ont dit qu’il était trop vieux et qu’il ne se vendrait pas bien.

Je ne l’ai plus revu non plus.

 

Un jour, on s’est installé dans un endroit avec pleins de vitres partout. C’était grand, il y avait plein de voitures dehors et dedans ça avait l’air vide.

On est resté plusieurs jours là-bas. Les hommes aux canons étaient tout excités. Ils parlaient d’une éveillée qui n’attaquait pas les humains. Je ne sais pas vraiment ce qu’ils voulaient dire par là. La nuit, dans mes rêves j’imaginais souvent ces monstres qui mangeaient mon papa avant de disparaître dans une grosse explosion.

Je me souviens bien quand on nous a installés tous ensemble dans un coin. Les hommes aux canons n’arrêtaient pas de rire en parlant d’un cadeau. L’homme qui faisait du mal à Cat est venu se mettre au milieu de nous mais pour une fois, il n’en avait pas après elle.

À un moment, ils ont crié qu’elle arrivait et il s’est caché, se mettant accroupi entre nous avec un très grand canon pointé sur l’escalier.

Alors j’ai regardé par là.

Et c’est là que je l’ai vu pour la toute première fois.

Elle devait être vraiment très forte parce que j’ai entendu les vitres se briser en bas dans un très grand bruit qui nous a fait sursauter moi et Cat. Puis il y a eu un autre bruit qui faisait mal aux oreilles et elle est arrivée. C’était bizarre, c’était comme si elle glissait sans bouger sur les escaliers.

Sur le coup, j’ai presque été déçu.

C’était une petite dame avec des cheveux châtains. Maman aussi les avait de cette couleur. Ses cheveux et ses vêtements étaient tout mouillés. Elle n’avait vraiment pas l’air méchante.

J’ai reconnu la voix de Thomas lorsqu’il lui a parlé.

– Bonjour ! Et Bienvenue à toi ! »

Il lui a dit. Elle ne lui a pas répondu mais elle s’est tournée vers nous.

Je me suis caché derrière des adultes et j’ai mis Cat derrière moi pour qu’elle ne nous voie pas.

-Ah je vois que tu apprécies déjà la valeur de ton cadeau. » Lui a dit Thomas « Mais laisse-moi d’abord me présenter. Je suis Thomas le chef de ce groupe. Et toi, tu es sûrement la grande éveillée ? Je suis ravi de te rencontrer. Et désolé pour cet accueil mais nous n’étions pas sûrs que tu viendrais seule. »

Cette fois, elle lui a répondu. Une petite voix ni trop grave ni trop aiguë. Un son qui allait bien avec sa taille et la couleur de ses cheveux. Il y avait quelque chose de dur dans sa voix, comme si elle ne l’utilisait pas souvent.

-Et avec qui croyez-vous que je viendrais ? Les éveillés n’ont pas beaucoup d’amis vous savez… »

-Des amis peut-être pas, mais des alliés oui. » Lui a dit Thomas.

J’ai entendu des bruits ensuite comme si on traînait quelque chose de lourd.

-Cette jeune personne que tu vois là. » A repris Thomas « Fait partie d’une équipe de reconnaissance qui vient de la centrale. Et apparemment là-bas, on te connaît. Elle n’était pas très… Coopérante au début mais… On a su la convaincre. »

À la façon dont elle se tenait, je pouvais voir que ce qui se passait là-bas ne lui plaisait pas beaucoup mais elle n’a rien dit.

-Elle nous a raconté quelque chose de très surprenant… » A continué Thomas « Un éveillé, ou plutôt une éveillée garderait ce territoire et serait suffisamment puissante pour repousser tous les autres individus de son espèce. Et… Chose encore plus intéressante… Cette éveillée, ne s’attaquerait pas aux humains. Au contraire, elle les aiderait ! Impressionnant non ? »

La dame avait l’air de s’ennuyer. Je l’ai vu prendre un élastique à son poignet et s’attacher ses longs cheveux. Ils avaient l’air tellement propre. Ils devaient être tout doux au toucher. Maman me mettait parfois ses cheveux sur mon visage quand elle voyait que c’était dur pour moi. J’aimais sentir son odeur. Elle sentait toujours bon même après plusieurs heures de marche.

Thomas n’a pas remarqué qu’elle s’ennuyait et il a continué à lui parler.

-En plus, le prix à payer pour sa protection est très correct. Quelques vivres de temps en temps, l’électricité et l’eau courante. Rien de plus. Franchement, j’ai eu du mal à y croire sur le coup et puis… On a retrouvé des cadavres. Des cadavres d’éveillés qui ont dû passer un sale quart d’heure. Alors je me suis dit, pourquoi pas ? Et surtout, pourquoi ne pas proposer à cette éveillée, un nouveau contrat… Plus avantageux. »

La dame s’est à nouveau retournée vers nous et je me suis baissé avec Cat.

-C’est ça ? L’avantage supplémentaire ? » a-t-elle dit. J’ai eu l’impression que ça non plus, ça ne lui a pas trop plu.

-Quoi ? Ça ne te plaît pas ? Tu veux récupérer celle-là plutôt ? » Lui a demandé Thomas.

Mais elle lui a très vite répondu :

-Non, merci. Je n’y tiens pas. »

Alors il a dit :

-Très bien. » Et j’ai entendu un coup de feu.

La dame a eu une tête bizarre pendant une seconde mais j’étais presque sûr de l’avoir vu. J’ai eu l’impression qu’elle avait eu mal lorsqu’elle a entendu le coup de feu.

-Vous ne vous êtes peut-être pas réveillé avec des cicatrices Thomas, mais à part ça… Tout y est. On dirait un véritable éveillé. Sans les pouvoirs bien sûr. » Elle a dit, et puis, elle a haussé les épaules pour faire celle qui s’en fiche. Mais moi j’ai bien vu que ce n’était pas vrai.

-Venant de ta part, je vais prendre ça comme un compliment. » Lui a dit Thomas. « Alors ? Que veux-tu pour ton nouveau contrat ? En plus du précédent je veux dire. De l’or ? Des bijoux ? Un homme pour que tu te sentes moins seule dans ton lit ? Ou une femme peut-être ? Après tout, l’échantillon que tu as là… Ce n’est pas représentatif de notre catalogue. On peut te trouver mieux c’est certain. »

J’ai eu l’impression que Thomas l’énervait franchement, mais elle a pris le temps de réfléchir avant de répondre.

-J’aimerais… » Elle a pris un petit objet dans sa main avant de continuer. « J’aimerais que vous foutiez le camp d’ici. Vous, vos esclaves et aussi votre cadavre. »

Il y a eu un petit silence avant que Thomas lui réponde.

-Très bien. J’imagine qu’on ne peut pas essayer de discuter avec une éveillée de ton importance. Alors nous partirons. Demain, nous aurons dégagé le plancher. »

J’ai su, au moment où je l’ai entendu, que Thomas lui avait menti. J’aurais aimé prévenir la dame, lui dire que Thomas était une mauvaise personne et qu’il ne fallait pas lui faire confiance, mais je ne savais pas comment faire.

Elle a attendu quelques secondes, l’air surpris et puis.

-C’est parfait. » A-t-elle dit.

Elle s’est retournée et a commencé à partir.

J’aurais voulu lui crier de ne pas s’en aller, lui dire que c’était un piège. Car j’avais compris pourquoi l’homme au long canon s’était mis au milieu de nous.

Elle a marché lentement vers l’escalier et j’ai vu l’homme au canon se préparer.

Alors je lui ai tiré la manche juste avant qu’il ne tire. Et puis le coup est parti.

Il s’est tourné vers moi et j’ai vu dans ses yeux que s’il avait pu me donner beaucoup de chance à cet instant, il l’aurait fait. Mais avant qu’il ait pu faire le moindre geste, Il s’est envolé et s’est cogné la tête sur le mur d’en face.

Ensuite, je n’ai rien pu voir de ce qui se passait. Les grandes personnes ont cherché à se cacher le plus loin possible et m’ont poussé. On est tombé par terre avec Cat et on a failli se faire écraser. Il y a eu beaucoup de bruit, des coups de feu, des cris. J’ai pris Cat par la main et je l’ai tiré jusqu’à un petit recoin ou nous seuls pouvions rentrer.

A un moment il y a eu une grosse explosion. Ça nous a fait mal aux oreilles et on a plaqué nos mains dessus.

Et puis, après, il y a eu moins de bruit.

Les adultes se sont un peu desserrés et on a pu sortir de notre cachette et nous rapprocher pour voir ce qui se passait. La dame était toujours là. Elle n’avait même pas l’air blessée. Je l’ai regardé se diriger une deuxième fois vers les escaliers.

-Attendez ! Ne partez pas !… » S’est mise à crier la méchante dame parmi les adultes.

J’ai vu qu’ils ont tous eu très peur à cet instant. Certains lui ont fait signe de se taire mais elle a quand même continué.

-S’il vous plaît… » Elle a dit.

La dame aux cheveux châtains s’est arrêtée mais elle n’a pas eu l’air contente qu’on lui parle comme ça.

Un homme a essayé une dernière fois de faire taire la méchante dame.

-Tais-toi ! Tu vas nous faire tuer ! » Il lui a dit.

Mais elle ne l’a pas écouté. Elle n’a jamais obéi à personne d’autre qu’à ceux qui avaient des canons.

-S’il vous plaît… S’il vous plaît… Libérez-nous. Nous allons mourir de soif… S’il vous plaît… Nous ne sommes pas un danger pour vous. »

La petite dame l’a regardée un moment et puis l’autre est tombée brusquement avec un bruit bizarre.

D’un coup, ils ont tous eu très peur. Ils ont essayé de s’enfuir dans tous les sens mais à chaque fois, un autre tombait avec un bruit bizarre, et lorsqu’il tombait, il ne se relevait pas.

J’ai senti ma corde en métal se détacher à un moment. On s’est vite retrouvé sous les adultes avec Cat et on est resté tranquille pendant longtemps, sans bouger.

J’ai entendu la dame sortir lorsqu’elle a repris les escaliers. Puis plus rien.

J’ai réussi à repousser les adultes qui m’étaient tombés dessus et j’ai aidé Cat à sortir aussi. Comme nous n’étions plus attachés aux autres, nous nous sommes dirigés vers les escaliers et l’entrée qu’avait faite la petite dame.

Je l’ai vu loin au-dessus de nous. Elle volait ! Avec de grandes ailes blanches…

Et c’est à ce moment que j’ai compris.

Elle nous avait sauvés. Elle avait puni tous les méchants adultes. Elle nous avait libérés. Il fallait à tout prix qu’on la retrouve.

Alors j’ai pris Cat par la main et je me suis mis à marcher dans la direction de notre ange gardien. Je savais que ça s’appelait comme ça parce que maman me l’avait appris. Un ange gardien qui nous avait protégés avant avec mes parents et qui était revenu pour moi et pour Cat.

 

On a mis du temps à la retrouver. Mais j’étais sûr de moi et parfois je la voyais voler loin, très loin de nous et je savais que nous étions sur la bonne route.

Il a fallu que je fasse comme papa l’avait fait pour moi et maman. Trouver des endroits où il y a de la nourriture. Des « magasins », papa disait. Je savais les reconnaître mais il n’y avait pas toujours des choses à manger dedans.

On a fini par atteindre une grande ville. La première chose qui m’a surpris, c’est qu’il n’y avait plus ces grands objets blancs qui appartenaient aux gens d’avant. Ça faisait presque trop vide. J’ai tout de suite aimé la ville. La petite rivière qui passait au milieu, les grandes églises, les maisons à « colombe-ages » comme disait papa.

Mais il fallait vraiment qu’on trouve de quoi manger. J’avais de plus en plus de mal à faire avancer Cat. Elle n’essayait même plus de me dire de m’arrêter.

On a fini par trouver un magasin. C’était facile de rentrer dedans parce que la porte était cassée. Et on s’est mis à chercher les boîtes en métal dans lesquels il y a à manger. On a cherché pendant un moment sans rien trouver. J’ai commencé à avoir peur, je me suis dit qu’on n’y arriverait jamais. La petite dame était partie trop loin.

Jusqu’à ce qu’on entende un bruit.

Papa disait toujours qu’il valait mieux partir d’abord et regarder de loin après plutôt que de regarder de trop près et ne pas pouvoir s’en aller. Alors c’est ce qu’on a fait. J’ai pris Cat avec moi sans faire de bruit et on s’est caché au fond du magasin. Celui qui était entré n’était pas très discret. Il n’arrêtait pas de faire tomber plein de choses mais ça faisait peur à Cat. Alors j’ai attendu le bon moment, et on s’est mis à courir vers la sortie.

D’un coup il a fait très chaud devant nous et il y avait de grandes flammes sorties de nulle part. Ça nous a fait tomber Cat et moi.

C’était trop tard pour partir, l’autre avait dû nous voir, alors je me suis relevé et me suis retourné pour lui faire aussi peur que je le pouvais.

C’est là que je l’ai reconnue.

C’était la petite dame. Celle qui avait tué tous les méchants adultes. Je n’en croyais pas mes yeux alors je n’ai pas bougé. Quand elle s’est avancée, je ne sais pas pourquoi, je l’ai menacé. Je pense que je voulais qu’elle sache que je savais me défendre. Que je n’étais pas un « bon à rien » comme disait la méchante dame.

Ça lui a fait peur. Elle n’a plus osé bouger non plus. Alors on s’est regardé tous les deux. Je n’osais plus rien faire de peur de la faire fuir. C’était la première fois que je faisais peur à quelqu’un.

À un moment, le collier en métal que j’avais autour du cou s’est cassé et il est tombé par terre. Celui de Cat aussi. Je n’ai pas compris ce qui s’était passé et j’ai baissé les bras.

Je n’aurais pas dû. Elle a eu peur.

La petite dame nous a évités et elle est partie.

Oh non ! Pardon ! Pardon ! J’ai pensé.

Mais ça n’a pas suffi. Alors je me suis mis à courir pour la rattraper en traînant Cat derrière moi. Elle marchait vite, on a eu du mal à la suivre. Et puis elle a fini par s’arrêter. Alors je me suis arrêté aussi sans trop me rapprocher pour ne pas lui faire encore plus peur. Elle a recommencé à marcher et on l’a suivi à nouveau et, ensuite, elle s’est encore arrêtée.

Là, j’ai su qu’il fallait tout tenter pour la rassurer alors j’ai fait un gros effort pour lui parler.

-Désolé. » Je lui ai dit.

Il fallait absolument qu’elle comprenne que je ne voulais pas l’effrayer. Que je n’avais pas fait exprès tout à l’heure lorsque je lui ai fait peur, alors j’ai répété.

-Désolé. »

Finalement, elle a mis du temps, mais elle s’est retournée. Je l’avais vu avant sans y faire attention mais maintenant je le remarquais mieux. Ses yeux étaient d’un joli bleu, un peu comme ceux de papa, mais pas tout à fait pareil. Et ses cheveux avaient l’air encore plus doux avec la lumière du dehors.

J’ai pensé très fort.

S’il te plaît, ne pars pas.

Je crois qu’elle m’a entendu parce que, juste après, elle s’est rapprochée de nous.

Et là, j’ai su que c’était gagné.

 

On a fait un voyage en voiture jusque chez elle. C’était la première fois que je montais dans une qui roulait. C’était trop rapide, on a à peine eu le temps de s’installer avec Cat que c’était déjà fini.

Et puis, on est arrivé dans une grande maison. Sa maison. Elle était si belle, toute propre, avec un grand jardin. On l’a suivi lorsqu’elle est sortie de la voiture et qu’elle est entrée et c’était encore mieux dedans.

On n’osait pas trop s’approcher d’elle avec Cat. J’avais trop peur de l’effrayer encore et qu’elle parte. J’avais l’impression d’apprivoiser un animal, comme quand j’essayais de m’approcher des chats qui traînaient en ville. Il fallait y aller en douceur, c’était très important si je voulais qu’elle comprenne qu’on n’était pas un danger pour elle.

Elle nous a donnés à manger et je n’avais jamais rien manger d’aussi bon de toute ma vie. Ensuite, je ne sais pas pourquoi, elle est partie. Elle nous a laissés avec d’énormes chiens. Cat avait très peur mais je l’ai rassurée en lui disant qu’on ne risquait rien si on faisait ce que la petite dame avait dit. Maman aussi donnait des conditions parfois quand c’était très important pour elle que je fasse quelque chose. Ça devait sûrement être très important qu’on ne bouge pas du canapé. Et puis il y avait les images qui bougeaient et parlaient sur le mur, et on a vite oublié les chiens.

Alors on a obéi mais, à un moment, Cat n’a plus pu se retenir. J’ai eu beau lui dire qu’il fallait absolument qu’elle soit sage, qu’elle ne devait pas tout salir, elle a quand même fait pipi. Et là j’ai eu très peur. Je me suis dit que jamais la petite dame ne voudrait nous garder si on n’était pas propre.

Elle a fini par revenir et j’ai fait tout ce que j’ai pu pour lui dire que j’étais désolé. Je crois qu’elle a compris parce qu’elle a fait partir les chiens et ensuite elle nous a fait nous laver. J’étais content de lui montrer que je savais faire. C’est maman qui m’a appris quand j’étais plus petit.

Cat par contre n’était pas très à l’aise. Les chiens lui avaient fait peur et elle ne faisait pas autant confiance que moi à la petite dame. Je l’ai aidée à se laver et j’ai même réussi à la faire rire en faisant plein de mousse avec le savon.

Quand on est sorti du bain, il y avait une bonne odeur dans la cuisine et on a encore eu le droit de manger. Je crois que je n’ai jamais eu deux repas aussi près l’un de l’autre et je ne me sentais pas très bien juste après alors la petite dame nous a fait nous coucher sur un matelas qu’elle avait mis à la place du canapé.

C’était tellement confortable…

 

Les jours d’après, la petite dame n’est pas beaucoup restée avec nous. Elle nous faisait à manger, nous laissait nous laver (tous les jours !) et aller aux toilettes. Elle m’a appris à utiliser la machine à image, elle appelait ça la télévision, et j’ai pu lui montrer que j’apprenais vite. Mais ça n’a pas suffi tout de suite à la rassurer. Elle avait encore peur de nous-même plusieurs jours après notre arrivée.

Et puis il y a eu cette balade qu’on a fait dans une autre ville…

On a de nouveau pu prendre la voiture avec Cat, et rien que ça, c’était déjà magique. Mais après, on a marché avec la petite dame. Elle faisait des choses bizarres avec des morceaux de tissus. Je n’ai pas compris pourquoi elle en mettait partout, mais je m’en fichais. Cat commençait à aimer notre nouvelle vie et elle était heureuse de faire un tour avec moi. Je ne m’approchais pas trop près de la petite dame au cas où… On ne sait jamais. Je ne voulais pas la perdre maintenant qu’on commençait tout juste à s’habituer.

On a monté des escaliers vers un énorme chat en pierre, mais on n’a pas eu le temps de l’atteindre. La petite dame a eu l’air inquiète tout à coup. C’est vrai que ça ne sentait pas bon mais je n’imaginais pas qu’on allait avoir de problème…

À un moment la petite dame nous a tirés vers elle. Elle a fait tomber Cat mais l’a aidé à se relever presque tout de suite et elle nous a dit de partir.

C’était à cause de moi c’était sûr. Elle ne voulait plus de nous parce que je n’avais pas réussi à la rassurer, parce qu’on n’avait pas été assez sage…

Et puis on l’a vu avec Cat. Un énorme chat noir et méchant qui a fait du mal à la petite dame. Elle nous a crié dessus pour qu’on parte mais j’ai eu trop peur alors j’ai crié :

-DESOLE ! »

Juste après elle a réussi à faire partir le méchant chat. Il a disparu et il a réapparu presque aussi vite. Je n’arrivais pas à le croire. C’était le monstre dont mes parents m’avaient parlé. Un éveillé !

La petite dame l’a fait partir encore et là, elle a vu qu’on n’avait pas bougé.

-Putain ! Mais qu’est-ce que je vous ais dis à tous les deux ?! » Elle nous a dit quand elle a vu qu’on était toujours là. Elle avait l’air d’avoir mal. Je ne voulais pas la laisser toute seule avec ce liquide rouge qui sortait. Je savais que c’était du sang et je savais aussi que ce n’était jamais bon quand il sortait comme ça.

Alors elle a pris le même ton que prenait maman lorsqu’elle voulait vraiment que je fasse quelque chose.

-Maintenant vous vous barrez ! Allez ! J’ai dit ALLEZ ! »

Et on a fait ce qu’elle a dit.

On a descendu les escaliers avec Cat. Je la tirais comme je pouvais mais elle n’arrêtait pas de regarder en arrière. Alors qu’on était tout en bas, elle m’a arrêté et a montré du doigt l’espèce de grande maison tout en haut.

C’est là que je les ais vus tous les deux. Le chat et la petite dame. Je crois qu’ils se battaient mais c’était bizarre. Je n’avais jamais vu personne se battre comme ça. D’habitude, les grandes personnes font ça avec les mains et les pieds ou alors ils utilisent leurs gros canons. Là c’était différent.

À un moment, la petite dame a disparu. Et puis je l’ai vu tomber sur l’autre chat, celui en pierre.

On s’est regardé avec Cat et sans avoir besoin de se parler on était d’accord.

Il ne fallait pas la laisser seule.

Alors on est remonté aussi vite qu’on a pu. J’espérais juste qu’elle ne nous disputerait pas parce qu’on lui avait désobéi.

On a cherché le chemin pour rejoindre le chat en pierre et on a fini par le trouver. On est passé devant quelque chose qui ne sentait pas bon mais je n’ai pas regardé et Cat non plus. Je crois qu’on avait trop peur de ne pas retrouver la petite dame.

J’ai entendu crier et pleurer. Comme maman avant qu’elle n’ait de la chance et qu’elle s’en aille. Cette fois je ne la laisserai pas partir ou alors elle m’emmènera avec elle.

On est arrivé derrière la barrière avec Cat et on a vu le gros chat tirer la petite dame. Un gros oiseau est venu d’un coup pour essayer de faire mal au chat alors je me suis dit qu’on pourrait faire pareil. Cat a compris sans que je lui dise. Elle m’a donné des cailloux et je les ai envoyés aussi fort que je le pouvais.

Ça a marché. Le chat a lâché la petite dame.

Et puis il a disparu.

Ensuite c’était bizarre.

Le chat est réapparu avec de grandes barres blanches dans le corps. Il y avait plein de sang qui coulait. Le chat a bougé un peu et puis il est mort.

J’étais tellement heureux qu’il ait eu de la chance et pas nous.

Le chat a crié sans ouvrir la bouche et il est parti loin. Et les barres blanches ont disparu ou plutôt elles sont rentrées dans le dos de la dame.

Elle nous a regardés une seconde. J’ai cru qu’elle allait nous disputer de ne pas avoir obéi mais elle s’est juste couchée.

On a couru vers elle avec Cat mais je ne savais pas quoi faire. Il y avait plein de sang partout. La dame semblait dormir alors on a attendu qu’elle se réveille. Elle était toute nue et elle avait plein de marques blanches partout. Ça ressemblait un peu aux marques que portaient mes parents mais en blanc et en beaucoup plus joli.

On est resté là pendant un moment et elle a fini par se réveiller. J’ai eu l’impression de pouvoir respirer à nouveau lorsqu’elle a ouvert les yeux. Elle a mis longtemps avant de se relever et elle a même failli tomber.

Cette fois, je n’ai pas pu m’en empêcher, je lui ai pris la main comme papa le faisait pour m’aider à marcher lorsque j’étais fatigué.

-Pardon. » Je lui ai dit pour qu’elle ne m’en veuille pas de m’être approché.

Mais elle n’avait pas l’air en colère. Cat m’a imité et on est retourné à la voiture tous les trois. Je lui ai même ouvert la porte pour qu’elle ne se fatigue pas plus.

On a mis très longtemps à rentrer et quand on est arrivé, la petite dame s’est couchée là où on dormait d’habitude avec Cat.

C’est à ce moment-là que j’ai compris qu’elle n’avait plus peur de nous.

2 commentaires sur “Hors série n°10

  1. Tous les hors-séries sont intéressants, ils complètent parfaitement les saisons. Mais celui-ci m’a particulièrement touchée. 👍👍👍👍👍👍👍👍👍

    J’aime

Répondre à Maïlis Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s